La bonne écriture

La bonne écriture vient de l’honnêteté de l’écrivain – et de l’honnêteté de ces ancêtres, si l’on peut reprendre à son compte l’analyse héréditaire que faisait Nietzsche puis, à sa suite, Léon Daudet. Exemple : Moravia et l’écrivain grec de Zorba, Nikos Kazantzakis. Chez ce dernier, l’écriture, la phrase, les périodes sont si naturels qu’on les lit presque sans y penser. Tout cela est limpide. La limpidité, voilà la qualité maîtresse dans le style. Quelque chose qui se lit comme on mangerait un bon plat léger. Qui soient honnêtes aussi, qui soit gage d’une personnalité saine. Qui disent des choses d’un haut intérêt, qui sachent nous intéresser aux choses qu’ils racontent par sa manière inimitable. 

Chez ces deux écrivains aussi, leurs romans sont des sortes de confession. Donc, on pourrait presque dire que la meilleure écriture est celle qui est la plus sincère, celle qui vient de l’honnêteté la plus totale : la plus franche et la plus saine.

Une confession romancée, voilà ce qui, avouons-le, intéresse le plus quand on a envie de lire.

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Différent de cela est l’écrivain de race. L’écrivain de race a cette qualité de limpidité mais sa prose est plus dense encore, plus restreignante. L’effet qu’elle donne est d’une grande impression. C’est Maurras, Montherlant, Barrès, Barbey d’Aurevilly ou Joseph de Maistre. Il donne cet effet de buriner leurs phrases, qui du coup prend un relief particulier. Quand on les lit à voix haute, cela racle un peu à la gorge, c’est l’effet de l’authenticité des termes.

Les écrivains de race sont, inévitablement, de fortes personnalités, des hommes virils, entendant imposer dans leur prose quelque chose de fort. Ils ont ce quelque chose de traditionnel qui les rend puissant et nous communique leur puissance lorsqu’on les lit. On les reconnaît aussi à la force des termes qu’ils emploient, ils n’emploient jamais de termes faibles, ils ont beaucoup de vocabulaire et l’agencement de leurs phrases est d’un logique imparable.

L’un des derniers écrivains de race en France existants à ma connaissance, peut-être, très certainement, Jean Raspail.

Quand à l’écrivain limpide, romancier confesseur que j’ai caractérisé en premier lieu, le roman « Ils ont tous raison » du génial cinéaste italien Paolo Sorrentino, réalisateur de « La Grande Belezza » me semble indiquer, même si sa vulgarité à l’italienne, toute cynique, n’entre pas vraiment dans cette catégorie.

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