Quand raffinement rime avec un certain instinct de la « bête »

Il faut savoir mêler dans la vie culture et nature, raffinement et instinct de la bête.

La bête en nous nous engage dans des voies dangereuses, dans l’inimitié, l’agressivité, la paresse ; il faut savoir sublimer cette nature primaire par le raffinement qui s’arme de séduction, de gestes fins et précis.

C’est en mangeant des plats exquis et bien choisis qu’on devient plus raffiné. Plus noble, en un sens. Ces produits nous font un bien intense, en même temps qu’ils satisfassent notre partie la plus bestiale.

Les Romains, qui vivaient certainement dans la civilisation la plus grandiose jamais créée, le savaient bien. Les Italiens tout au long de leur histoire n’ont cessé de cultiver cet art de la cuisine, en mêlant intimement leur double nature, celui d’un peuple qui, par-dessus tout, honore la beauté mais qui garde un fond de sauvagerie dans sa nature irréductible.

Dans la cuisine italienne, on retrouve donc cet art du raffinement. Y compris dans des plats aussi populaires qu’une pizza, par exemple dans la finesse exquise de la pâte ou le choix des condiments, du fromage. Ce goût qu’on pourrait presque assimiler à un art de la mosaïque est contrebalancé par les produits plus bruts : les viandes fumées, grillés etc. C’est dans cette tension que réside l’art de la cuisine italienne.

C’est un peuple conduit par le plaisir tout entier raffiné. Dont le désir révèle des pulsions vitales. Le rouge de la sauce tomate c’est le sang de l’homme. Quoi d’étonnant à ce que le christianisme ait pris racine aussi profondément dans la société italienne ? D’une certaine manière, elle était déjà prête à instaurer des rites aussi intimement sensuelles que la manducation de l’hostie, corps du Christ, et le vin, sang du Christ. Et qu’est-ce que le paganisme romain si ce n’est une célébration de toutes les pulsions vitalistes du plaisir, dont par excellence la sexualité ce dont témoigne ce qui nous est resté de Pompéi ?

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« Le Banquet de Cléopâtre » – Giambattista Tiepolo

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