La couleur de l’été

Quand venait enfin le temps béni du soleil, le printemps et l’été, j’imaginais parfaitement alors, dans les rues, une architecture grecque et romaine. Je sentais tout cela.

Je rêvais d’une maison poussiéreuse (d’une poussière de terre et de champs, non de saleté crasse), avec des ouvertures creuses, des odeurs de foin, des peintures rouge-sang de scènes quotidiennes mythologiques sur les murs et sur le haut des frises rectangulaires.

Avec un petit lavoir dans un coin dans lequel boire et se laver le visage le matin.

Les mouches en l’air sous les rayons infiltrants du soleil.

Et surtout cette sensation de baigner dans une chambre, d’y avoir la paix, d’y connaître des influences favorables, car les Dieux étaient bons et beaux.

A la place de ce bric-à-brac de style architectural incohérent, je rêvais d’une ville au style uni, à la romaine avec des rues carrés, des maisons au style à la fois grandiose et simple.

Aller aux thermes au moins 2 fois par semaine devait être un bonheur durant la Pax romana. Ça y est, l’histoire était finie, d’une certaine manière : il ne restait plus qu’à couler des jours heureux sous les hauts péristyles et les dômes majestueux et bruns. L’Empereur et les légions de l’Armée romaines veillaient sur les frontières, bâtissaient des villes partout dans l’Empire, faisait connaître le génie planificateur de Rome.

On avait ses rouleaux de parchemins pour satisfaire sa soif de poésie et de culture.

Infinie et inépuisable nostalgie que tout cela !

Les maisons du Sud de la France et de l’Italie actuelle sont très agréables, je ne  le nie pas, mais ne sont la version que dégradée et moindre des belles villae italiennes et gallo-romaines.

C’en sont des versions un peu paysannes, héritières qu’elles sont encore du Moyen-Age, quand les villes romaines étaient bâties solidement et avec majesté.

La Renaissance, seule, puisa directement à la source et réaffirma le goût proprement européen.

Ces villes romaines étaient, elles, parfaitement adaptés, dans leur essence, au Sud de la France et à l’Italie. Leur structure correspondait au climat, à l’essence de nos cités méridionales.

Leur destruction progressive fût une dégradation d’une des plus belles choses que nos régions ont porté.

Si on considère seulement ce fait, l’Histoire ne peut apparaître comme un Progrès. Car lorsque l’on détruit l’excellence et le génie des grands Anciens, on pratique la Régression, non le Progrès.

Je me baignais de chaleur sur le banc du square proche de chez moi, ces réflexions en tête. Je me dis enfin, en ouvrant les yeux sur les feuilles de l’arbre au-dessus de moi, que la seule chose qui fera toujours naître en moi ses idées et sensations, c’est la chaleur et l’éclat du soleil.

La clé de cette civilisation, c’est cela, me dis-je alors : elle était constamment baigné de soleil, d’une part du fait d’un climat régional exceptionnel, d’autre part grâce à la bonne influence et le bon goût de ces habitants, lesquels favorisait la venue de l’astre de vie.

Pensée hautement superstitieuse, peut-être, mais j’ai comme l’intuition que je dis vrai !

venus_roma

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