Essai de philosophie. Sur les caractères humains. Sur l’influence humaine. Partie 2

L’expérience du côtoiement des hommes est si contradictoire, énervante, exténuante, essoufflante, contrariante, gênante.

On en sort souvent lessivé, avec l’envie de rester chez soi à lire, à profiter, jouir de son Soi, dans un pur objectif narcissique de plaisir de soi.

Cela est tentant. Mais pour réussir dans la vie, pour accomplir quelque chose, il faut agir, il faut exercer un métier, avoir des relations épanouissantes avec des gens que l’on aime ; enfin, mener sa barque, son gouvernail de la meilleure façon possible.

Il faut donc entrer en relation avec autrui, avec des étrangers dont on ne connaît rien et dont on a instinctivement peur, que l’on ne veut pas rencontrer sauf si l’on sent d’instinct qu’ils vont nous apporter des richesses (sociales, intellectuelles, amoureuses, d’amitié, etc) et que l’échange sera agréable.

Où veux-je en venir, à ce stade, se demande le lecteur ?

Précisément : il faut connaître les hommes. « Oui, et donc ? »

Il faut connaître les différents types de caractères humains, pour pouvoir prévoir leurs réactions et s’adapter au mieux, les comprendre et pouvoir les influencer même s’ils sont différents de nous de A jusqu’à Z.

Mais qu’est-ce qu’un caractère, précisément ? Qu’est-ce qu’un individu ? (Question bête en apparence, mais on va comprendre où je veux en venir).

Un caractère, c’est l’affirmation d’une tendance.

Un homme n’est pas un homme (N.B. Je définis ici « homme » dans le même sens qu' »être humain »).

Avant tout, c’est une tendance : il va vers quelque chose, il cherche quelque chose. Il est tendu vers un but. Ce but, ces tendances générales qui définissent sa personnalité, nous ne les connaissons pas.

Cela vaut également pour un groupe. Ce groupe d’individus est-il comme une meute de loups, très unis et cherchant à agresser notre personne ? (Cas des délinquants dans la rue). Est-il au contraire en attente d’une réponse de notre part qui permettrait que l’on intègre ce groupe (typiquement, je pense à une entreprise. Exemple : une start-up dans laquelle on s’intègre pour la première fois).

Voici comment on peut voir les choses. Chaque homme est avant tout : tendance, penchant, caractère allant vers un but, volonté particulière, instincts.

Une société est riche (mais conflictuelle) si elle est riche de caractères, c’est-à-dire d’hommes représentant, incarnant des tendances, des penchants humains.

L’exemple d’un homme sans tendance, sans caractère qui vivrait au sein d’une société conflictuelle serait soumis à une pression des plus inhumaines. Il devrait choisir, s’affirmer. Il serait dans le cas de la sélection naturelle la plus pure dans la perspective que définissent les très dures théories du darwinisme social.

D’où l’adjectif de « lâche » qu’on emploie envers quelqu’un qui n’ose pas affirmer sa propre tendance, ou qui n’a tout simplement pas d’instincts (autre terme proche).

De là découle aussi les décadences des sociétés : on peut dire qu’une société qui n’a aucune tendance, qui ne va pas vers un but dépérit, de même qu’une société qui en contient trop va à sa ruine (le grouillement humain des tendances étant trop fort pour ses propres capacités d’absorption).

Mais une tendance peut être contrarier par une autre.

D’où les inhibitions, les empêchements, les… refoulements.

Ainsi, loin d’être des charlatans, Sigmund Freud ainsi qu’Alfred Adler (théories de la compensation, du complexe d’inférioté et de supériorité) expriment des choses capitales à ce sujet quand ils cherchent à définir quels sont les résultats des conflits de caractères.

Précisément, quant à moi, je définirai l’histoire, la guerre, les rapports humains, animaux, et tout ce qui caractérise le vivant comme des conflits de caractères permanents.

Pour prendre un exemple, un tempérament naturellement porté sur la tranquillité, qui trouve son plaisir et sa jouissance dans le repos ou la lenteur des exercices ira droit aux conflits avec un individu qui conçoit les choses vites, rapides, fort en gueule, peut-être plus vigoureux que notre premier homme.

La vieille science de la physiognomie peut nous renseigner sur les caractères humains, qu’il faille définir à toutes les époques des caractères différents, car l’homme se transforme selon les époques, il n’est jamais le même, il évalue, il varie, comme la Nature.

Mais revenons à l’objectif du premier article d’essai de philosophie. Nous essayions de voir comment faire pour que les autres adoptent notre point de vue et changent selon notre voeu.

Nous venons de voir que le caractère est un des obstacles quasi intangibles à ces essais d’influence sur autrui, qu’il en résulte dans toute la société des conflits dû précisément à l’essence même de ce qui fait le vivant, l’homme, c’est-à-dire ce vers quoi il/elle tend naturellement : penchant, but, instinct.

Pour convaincre cette foule compacte d’individus différents, pareils à des traits de mille couleurs qui iraient dans tous les sens, dans toutes les directions, il faut, je crois, s’adapter à chacun.

Quand je réfléchis sur mon expérience, moi Victor, auteur de ce blog, je pense que je n’ai jamais agi pareil avec aucun des êtres humains que j’ai rencontré. En fonction de ce que j’observais instinctivement de leur être, j’ai cherché à attirer leur sympathie, j’ai modifié mes réactions naturelles, j’en ai enclenché d’autres, afin de pouvoir agir sur ces personnes.

Hypocrisie de mon part ? Pas forcément. Je n’ai pas de mauvaises intentions. Je cherche à comprendre la personne, et à lui chatouiller l’égo afin qu’elle aussi puisse se sentir à l’aise et poursuivre quelque chose dans ma direction (changer ses tendances vers mes tendances).

Il est risible ainsi de dominer par l’autorité ou par la menace, quand, à l’opposé, en prenant en compte les désirs et le caractère d’autrui, on a un accès à son moi et on peut l’influencer beaucoup mieux.

Pour prendre quelque chose que je fais souvent : je pose des questions. « Que penses-tu de cela ? », « Quel est ton avis? », « Et tu ne penses pas que cela serait mieux ? », etc.

Le questionnement (bien fait, et sans gêner la personne) est un des meilleurs moyens de changer le caractère d’autrui dans son propre sens.

On en revient ainsi à la base même de la philosophie : Socrate, pardi ! Qui, par ses questionnements, sa maïeutique, réussissaient à modifier les visions de ces interlocuteurs, et donc leur caractère.

Ceci mériterait évidemment d’être plus amplement développer, ce que je ferai peut-être dans un petit livre.

Caractères

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