Villes, tumeurs des pays

De plus en plus, il faut acquérir la conviction que les villes sont des excroissances monstrueuses, des bubons comme les bubons sur un corps atteint de la peste.

A part vivre chez soi, dans un bel intérieur, dans un maison avec un beau jardin frais, la plupart des villes modernes offrent des extérieurs horribles, monstrueux, laids, difformes. Et surtout dysharmonieux, inharmonieux.

Incohérent ! Une architecture spéciale côtoie une autre architecture. Parfois, dans la même rue, on a sur 10 maisons 10 sortes différentes d’architecture, juxtaposées comme seraient juxtaposées des tableaux aux styles totalement incompatibles.

Il n’y a guère d’unité.

Seuls quelques villes de provinces arrivent à maintenir une unité de style (Nîmes par exemple, en France).

Autrement, les grandes villes sont des patchworks. Un immense gloubi-boulga.

On dit que les métropoles sont les « artères » des pays, les « poumons », ou les « cœurs » des pays. Eh bien, ces « artères », ces « poumons », ces « cœurs » sont atteints de cholestérol, de tumeurs, elles n’ont plus assez de globules rouges et blancs, plus assez de sang vital, plus assez de lymphes, la circulation du sang est altérée ; le tout est brinquebalant.

L’hyper-technologisation est, définitivement une mort. La technologie excessive, poussée dans son autonomisation complète, n’est qu’une des configurations de l’instinct de mort qui ronge secrètement mais profondément nos sociétés, qui empêche la croissance du Beau partout.

L’homme ne s’y retrouve plus, il ne retrouve plus son centre, son centre vital, ses énergies primordiales, sa vraie santé, sa « grande santé ».

Dans un même espace, étroit, réduit, vous avez des vélos, des voitures, des motos pétaradantes, des trams, des métros, des trains qui font trembler le sol et… des piétons qui sont là, comme incongrus, inhabiles, dérangés et essayant d’éviter cette faune technologique venant d’un peu partout, dans tous les sens.

L’homme, dans les villes, se met naturellement à angoisser, à développer toutes sortes de maladies bizarres, de névroses que même les psychologues n’arrivent plus à comprendre, parce qu’il a conscience qu’il réside dans une ville où des milliers de personnes ont des emplois et des occupations qui ne le concernent pas. Parce que, quand il va dans le métro, dans le tram, dans le bus, personne ne le regarde, ne fait attention à lui, personne « ne le calcule » comme un être humain à part entière.

Les grandes villes deviennent des villes-monstres, où tout l’espace est occupé, habité, rongé. Quelques espaces de verdures subsistent maladroitement, mais rationalisés, rendus utilitaires.

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Un commentaire

  1. Et pourtant, tous les urbanistes sont unanimes : les centre-villes jouissent d’un grand et bel avenir !
    Des ruches sur les toits des immeubles, des jardins potagers suspendus aux balcons… Et crottes de chiens soigneusement récoltées par les agents municipaux qui disposent de moyens de plus en plus sophistiqués…

    Aimé par 2 personnes

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