L’individu contemporain aux multi-tendances : réflexion

La polyvalence de l’individu contemporain est proprement déroutante.

Nous voulons tout faire, tout savoir, tout apprendre, tout voir.

Etre là mais vouloir voyager dans des lieux où le soleil baigne toute l’année.

Les genres, les styles artistiques s’entrechoquent, parfois dans une même chanson.

Si l’individu se définit avant tout par quelque chose comme l’instinct (ou des instincts, théorie de Nietzsche qui pensait l’homme comme un « conflit hiérarchique d’instincts »), eh bien, nous sommes, dans le temps présent, des individus poly-instinctifs.

C’est assurément un signe de décadence (soyons clair là-dessus), mais également un signe de la richesse de l’époque. Nietzsche ne dit-il pas à plusieurs reprises que le conflit indéfini des instincts qui débouche sur une solution salvatrice est le signe des grands génies, des grands inventeurs… Et que les époques où les sectes et parties se multiplient sont aussi les époques les plus créatives et riches ?

Nous sommes ainsi fait, actuellement, avec le développement des applications téléphoniques, des réseaux sociaux que tout se présente à nous, toutes sortes de super opportunités !

Mais, dans le même temps, les exigences se font montre dès le départ. Contrairement aux époques précédentes, il ne s’agit plus d’apprendre un métier (donc un « complexe d’habitudes, d’instincts à acquérir ») « sur le tas », en intégrant ce métier et en étant initié sur le moyen ou long terme par un maître ! Il faut déjà avoir les compétences, et sur une offre d’emploi, la liste des compétences a tendance à s’accroître au fur et à mesure que l’opportunité est plus alléchante.

Dans nos choix culturels, l’époque est également profondément déroutante. Qui peut dire qu’un groupe artistique domine vraiment une époque ? Aujourd’hui, des sociologues (Michel Maffesoli par exemple) ont diagnostiqué le temps des tribus. Ainsi, l’individu est sommé d’appartenir à une tribu. Et, dans le même temps, il veut s’en affranchir par souci d’indépendance et de calme. Et d’autres tribus, hétéroclites, lui tendent le bras. Nous n’osons pas : qui allons nous rencontrer ? L’engagement tout comme le désengagement nous fait mal. Engagé, et nous voilà énerver par la contrainte ! Désengagé, « libre », et nous voilà ennuyé à mort, et désespérant de retrouver une tribu quelconque à quoi s’accrocher (« Espérons que cette fois, je m’entende avec ces gens ! »).

Une certaine décadence actuelle peut ainsi s’expliquer par l’aspect trop riche et multi-instinctuel de la réalité présente qui propose trop de choses, trop de « valeurs » (sectes, groupes religieux et politiques), trop de musique (Youtube, Soundcloud), qui communique à outrance (les chaînes d’actualité en continu).

Ce trop-plein nous abrutit, nous pompe notre énergie (paradoxalement), nous alourdit. Et l’apaisement n’est souvent que partiel, puisque toujours les sollicitations se font entendre, ainsi des notifications sur Facebook, sur le téléphone portable chaque matin.

Faut-il devenir ascétique ou s’engager à fond dans ce vortex au risque de s’épuiser ?

Résonne en nous les paroles d’un chapitre de Zarathoustra sur la volonté et son corollaire inévitable et tragique : le déclin. Car l’engagement signe aussi le choix, et donc le déclin des tendances.

Le choix d’une unique tendance, destinée à s’épuiser, destinée à épuiser toutes ses potentialités, comme le héros guerrier des Maximes sur la guerre de René Quinton, destiné à se sacrifier pour sauver l’espèce, pour la conserver et la perpétuer…

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