Deux aphorismes d’Auguste Bréal sur l’art

« Savoir équilibrer le jaillissement spontané et la sévérité pour soi-même, se laisser porter par cette marée intérieure dont tout artiste a éprouvé la puissance, mais discipliner cette force, savoir choisir : c’est, précisément, l’art. »

 

Pour l’artiste ayant quelque connaissance de son métier, une profonde émotion naît parfois de certaines communications, de certains colloques à travers le temps. Au cours d’une visite dans un musée, sentir soudain qu’on essaie de parler la même langue, qu’on tâche d’exprimer des sentiments analogues à ceux de tel statuaire du temps des Pharaons, de tel artiste mort depuis longtemps de qui l’oeuvre vient nous dire : « Nous sommes d’accord, nous sentons de même. »

Rien ne permet d’affirmer que, si l’auteur de l’oeuvre en question était notre contemporain, nous ne sentirions pas les différences plus que les analogies… mais une stimulante ardeur se dégage de ces communions rétrospectives , de cette vivante perdurance de l’émotion.

Auguste BréalCheminements, p.125-127-128, livres d’aphorismes et de notes de voyages en Andalousie, Paris, Librairie Gallimard, Editions de la NRF, 1928.

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Photographie, Auguste Bréal, peintre & voyageur

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