Deux conceptions de la santé, ce qui en découle

Deux conceptions de la santé ont traversé le temps.

Dans les sociétés traditionnelles, le remède à des états malsains du point de vue spirituel et physique est, en général, traité par les remèdes sur l’âme.

La religion dominait, et à un maux, on considérait qu’il s’agissait là de mauvaises pensées, de mauvaises « passions » (excès de sentiments). On conseillait d’éviter les péchés de pensée, les péchés en général, qui agissait ainsi sur l’âme.

Notre conception actuelle est tout à fait différente. Notre époque croit dur comme fer que la cause unique des maux est d’origine physique, et qu’un remède dans le domaine physique peut arranger le mal.

Typiquement, les remèdes des sociétés traditionnelles étaient la confession et l’ascétisme tandis que le remède de nos sociétés est, par excellence, le sport et les médicaments.

En cela, notre époque a hérité des acquis du positivisme du XIXème siècle. Loin d’avoir disparu de l’horizon comme semble le croire beaucoup de philosophes, le positivisme scientifique irrigue notre société présente et en est même un des fondements les plus tangibles.

En effet, le positivisme scientifique prenait partie pour une vision matérialiste des choses humaines opposé à l’idéalisme et au mysticisme ancien, considéré comme non scientifique, non probant.

Il en a découlé une attention redoublée sur le corps, son fonctionnement, la Nature et ses « lois », l’Univers et sa structure véritable. Ainsi, la science pouvait, avec son armada d’étudiants acquis à sa cause et désirant être un grand chercheur, décoller. Ainsi, avec le capitalisme, les découvertes de la science pouvait être commercialisées pour, ainsi, irriguer la société, créer de nouvelles conditions de vie, des apports nouveaux (bonnes ou délétères), accompagnant une industrie de la santé et de l’alimentation.

Il en est sortie la société où nous baignons encore, fait d’une ambiance, d’une atmosphère fondamentalement matérialiste. Matérialiste non uniquement dans le sens péjoratif du terme, mais dans le sens où la valeur de la réalité et de l’apparence est le discours général, et la perception généralement admise, quand tout ce qui ressort de l’idéalisme ou du discours mystique ou teinté de mégalomanie est tourné en ridicule, ou déconsidéré, alors qu’auparavant, les discours mystiques étaient intégré à la cité, certains fous ou déviants étant, par exemple, considérés comme porteurs d’un message divin.

***

Ceci rejoint les nombreuses et éparses réflexions de Nietzsche dans « Humain, Trop Humain », « Aurore » et « Le Gai Savoir » (sa période dite « rationaliste » où le philalète essayait de poser de nouvelles bases à la philosophie à partir des découvertes scientifiques et par le truchement d’innombrables intuitions à tendance évolutionniste), quand ce dernier fait part, dans de nombreux aphorismes, des acquis de la science de son époque, de la solidité de ces acquis, que Nietzsche percevait comme fondamentaux, les percevant comme le fondement de la société qui allait advenir.

Comment ne pas lui donner raison à voir nos sociétés post-modernes ? Tout ce qui donne de la solidité à notre société, malgré une tendance certaine au délitement et à la dégradation, provient en effet des acquis du 19ème siècle et du positivisme scientifique, il faut le reconnaître.

Tout ce qui est décisif a été inventé et développé à cette époque, à partir de fondements nouveaux.

Qu’on pense, par exemple, aux découvertes de la médecine de l’époque, simplement…

1314157-Louis_Pasteur

 

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